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Comment devenir Alchimiste à notre époque ?

Le Labyrinthe Alchimique.

L’Alchimie n’a jamais été présentée d’une façon didactique.
Au cours des âges, on n’a essayé ni de la faire comprendre, ni de la faire admettre.
Excepté ceux qui ne la connaissaient que mal.
Au contraire, les Hermétistes s’efforçaient de la réserver à une minorité d’élus, ne transmettant rien que sous une forme éminemment symbolique, ou allusive, et à la portée seulement de qui savait déjà !
C’est donc une première difficulté pour l’étudier. Et plus encore pour commencer seul ces études.
Pour mieux compliquer la chose, nombre de “savants” modernes autoproclamés, voire d’ignorants ont écrit sur la question, et bien plus copieusement que les auteurs avertis de l’Ancienne Tradition.
Il en est résulté une littérature « hermétique et alchimique » surabondante, mélange de vingt parties de mensonges ou d’erreurs, pour une seule de vraie et bonne doctrine.
La lecture de cet amas est donc pénible et peut facilement s’avérer décevante pour le profane qui s’aventure sur son chemin alchimique.
Bien souvent, nos contemporains qui ont voulu “laisser leur empreinte” dans ce mélange d’affirmations, n’ont en fait énoncé que des pauvretés.
Sur le seuil du labyrinthe alchimique, face à des voies qui peuvent sembler de prime abord ingrates et éreintantes à explorer, bien des femmes et des hommes renonceront.
Pas par manque d’engagement ou de courage, loin s’en faut, mais plus souvent contraints par cette sensation d’isolement face aux défis à surmonter.

De nos jours

Ce n’est pas un âge d’or que nous vivons, mais un âge d’amputation générale, spécifique, multiple, qui laissera l’humain à genoux, plus décérébré qu’il ne l’est déjà.
Le tout connecté si fragile au moindre bug, rend évanescent ce qui devrait être tangible. Pour beaucoup d’entre nous, perdre son smartphone c’est perdre sa vie, se dissoudre dans un néant virtuel.
Jamais nous n’avons eu un accès aussi facile à l’information. Jamais. Pourtant les niveaux de QI baissent continuellement depuis l’arrivée des ordinateurs. Nous avons un accès trop important même à l’information.
Nos anciens, s’ils avaient la chance d’avoir deux ou trois traités, les pressaient jusqu’à la dernière goutte pour en tirer la substantifique moëlle..
Maintenant, le problème est la submersion mentale occasionnée par la profusion incontrôlable de livres, articles, posts, pdf de toutes sortes.
Nous nous perdons dans un autre genre de labyrinthe, bien plus tortueux.
Nous devons ancrer notre pratique et lui donner lenteur et persévérance, telle la tortue, symbole de sagesse et d’immortalité. Nous devons sélectionner, et nous poser dans le travail.

L’Alchimie nous demande de lire, de penser, de critiquer, de tester encore et encore nos certitudes, de voir les choses.
D’utiliser notre intelligence et de se responsabiliser vis à vis de nous-même, et vis à vis de la matière que nous travaillons, et de nous responsabiliser vis à vis du partage que nous faisons de cette Science Sacrée qu’est L’Art d’Alchimie.
Une « Technologie Biologique Universelle des Principes », une « Ingénierie Sacrée de la Nature », menant à la Pierre Philosophale.

Mais tant que la Pierre Philosophale n’est ni vue ni goûtée, en un mot, expérimentée, si nous avons de réelles clefs, alors nous devrions être très prudents.
Nous devons rester concentrés, curieux, conscients de la valeur des choses, que tout se paie, que les ressources sont disponibles et que nous pouvons œuvrer avec celles-ci, longuement et de manière intelligente, pour en extraire le savoir tangible.
Nous ne devons pas travailler sur 36 matières mais tester les 36 manières sur une seule matière.

Être Alchimiste est un état d’Esprit, un état d’Âme, et un état de Corps.

Éloignons nous de tout a priori, et avec un esprit neuf, entrons dès lors dans les mystères de l’Art Royal.
Car l’Alchimie est l’Art Royal.
L’Alchimie ne saurait être autre chose qu’une aventure exceptionnelle. Et comme toute aventure, elle se vit, et ne s’explique pas.

Elle peut se vivre seule, comme la vivaient nombre d’alchimistes des temps anciens. Hommes solitaires, peut-être moins par choix que par nécessité face à une toute puissance ecclésiastique qui pouvait les juger en un tournemain hérétiques et les condamner au bucher, ou au bannissement.

De nos jours, elle peut également se vivre en communauté académique, au sein de laquelle femmes et hommes étudient, œuvrent ensemble, partagent, se soutiennent et découvrent les Pierres Philosophales toujours vivantes, uniques, communes et pourtant individuelles…